L’essentiel à retenir
Les restaurants de Montmartre offrent une des scènes culinaires les plus variées de Paris, entre tables centenaires et bistrots de quartier tenus par une nouvelle génération.
- Les brasseries historiques comme La Bonne Franquette ou le Moulin de la Galette restent des références authentiques à la Butte.
- Le quartier des Abbesses et la rue Lepic concentrent les meilleures adresses tendance, loin des flux touristiques.
- La Place du Tertre mérite qu’on sache la lire : quelques tables y valent vraiment le détour, d’autres surfent sur la fréquentation touristique.
- Le budget moyen pour un déjeuner tourne autour de 20 à 35 euros par personne ; le soir, comptez un peu plus dans les bonnes adresses.
- La réservation s’impose pour la plupart des restaurants du quartier, surtout le week-end de mai à septembre.
Monter sur la Butte Montmartre, c’est toujours entrer dans un village. Les escaliers, les ruelles pavées, les façades de guingois restent là, obstinément. Et les tables aussi : certaines ouvertes depuis plus d’un siècle, d’autres nées de l’envie d’une jeune cuisinière de travailler vite, local, franc. Nous avons arpenté ces rues des dizaines de fois, du côté des Abbesses comme du côté de la Place du Tertre, et notre verdict est clair : savoir où manger à Montmartre, c’est d’abord apprendre à s’éloigner de quelques mètres des spots les plus photographiés. Voici comment s’y prendre.
Brasseries historiques : l’âme de la Butte dans l’assiette
Les tables historiques de Montmartre ont une chose en commun : elles ont survécu à des générations de visiteurs sans trop se laisser dénaturer. La Bonne Franquette, au 2 rue des Saules dans le 18e arrondissement, est l’une des plus anciennes du quartier. L’établissement aurait compté parmi ses habitués Van Gogh, Toulouse-Lautrec et Zola à la fin du XIXe siècle, selon la tradition de la maison. Aujourd’hui, la carte reste française et généreuse : bavette à l’échalote, magret de canard, crème brûlée maison. La cour intérieure offre un des rares dîners en plein air vraiment tranquilles de Montmartre. Budget : autour de 35 à 50 euros par personne le soir, formules du déjeuner plus accessibles.
À deux pas, le Moulin de la Galette vaut le détour autant pour l’histoire du lieu que pour la cuisine de saison servie dans un cadre qui reste rare à Paris. Le restaurant occupe l’un des derniers moulins de la Butte, dont la toile de Renoir, Bal du moulin de la Galette (1876), a immortalisé l’atmosphère festive. La cuisine française, assez classique, convient bien à un déjeuner tranquille ou à un dîner romantique.
Le Wepler, sur la place de Clichy à deux pas de Montmartre, mérite une mention à part. Cette grande brasserie ouverte depuis 1892 incarne le genre avec une constance rassurante : plateaux de fruits de mer, sole meunière, tartare. Elle reste accessible sans réservation à l’heure du déjeuner en semaine, ce qui en fait une valeur sûre pour une pause après une balade dans le quartier.
Bistrots tendance et cuisine du monde : la Butte se réinvente
Et si le vrai Montmartre gastronomique se cachait deux ruelles plus bas que la Butte ? C’est notre conviction. L’Almanach, au 35 rue Ramey dans le 18e, est notre coup de coeur absolu du quartier : l’adresse dont on ressort convaincu. La cuisine est gourmande et change souvent, la petite salle ressemble à un appartement vraiment habité, la carte des vins est sérieuse. Un vendredi de janvier, nous nous y sommes retrouvés sans réservation à 20h15 : complet, bien sûr. Ce détail dit tout de la réputation du lieu. Comptez 35 à 45 euros le soir, menu déjeuner autour de 25 euros. Réservation absolument recommandée : la salle ne dépasse pas une vingtaine de couverts.
LouLou Montmartre joue une autre carte, bio et de saison, avec des assiettes à partager. La carte courte varie régulièrement, ce qui force à faire confiance à la maison. Résultat habituel : des préparations qui surprennent, à des prix raisonnables. Les tables en terrasse, quand elles sont disponibles, donnent sur une rue calme à deux pas du Sacré-Cœur. Un bon choix pour un déjeuner léger ou un dîner sans chichis.

Pour la cuisine du monde, le quartier n’est pas en reste. La rue des Abbesses et ses alentours concentrent des adresses levantines, italiennes et japonaises bien au-dessus de la moyenne. Zoutra, repéré par plusieurs guides locaux indépendants, est l’exemple de l’adresse sans enseigne criarde mais avec un vrai savoir-faire. Combiner un dîner dans ces rues avec une balade dans le quartier donne finalement l’itinéraire idéal : toutes les suggestions de visites se trouvent dans notre guide complet de Montmartre.
Place du Tertre : comment s’en approcher sans s’y faire piéger
La Place du Tertre concentre à elle seule les deux visages de Montmartre. D’un côté, une authenticité réelle, des peintres qui travaillent en plein air depuis des générations, une atmosphère que les guides du XIXe siècle décrivaient déjà avec la même fascination. De l’autre, une densité touristique qui pousse certains restaurants à miser sur le décor et l’emplacement plutôt que sur la cuisine. Disons-le clairement : une bonne partie des tables sur la place elle-même sont des attrape-touristes, avec des formules à 30 euros pour une cuisine médiocre et un service à la chaîne. Les menus affichés à l’entrée méritent d’être lus avec soin, les prix au verre aussi.
Bon à savoir
Pour manger bien à proximité de la Place du Tertre, il suffit souvent de descendre deux ruelles. La rue Lepic, la rue des Saules et les ruelles autour des Abbesses concentrent des adresses où l’on mange mieux, souvent moins cher, sans la pression des serveurs qui rabattent les passants à l’entrée.
Quelques tables font exception sur la place même. La Bohème Montmartre revendique une histoire qui remonte au début du XXe siècle, quand les artistes du quartier en faisaient leur cantine. La Mère Catherine, dont l’enseigne date de 1793, mérite le détour si l’on sait qu’on paie aussi le cadre et l’histoire. Pour un simple café ou une crêpe après la montée, les boulangeries et petits cafés des ruelles adjacentes sont systématiquement meilleurs et moins chers que sur la place.
Pratique : budget, réservation, accès

Le budget pour manger à Montmartre dépend du moment et du type d’adresse. Pour un déjeuner en semaine dans un bistrot de quartier, comptez 15 à 28 euros par personne. Le soir, dans un restaurant un peu plus travaillé, entre 35 et 55 euros par personne hors vins. Les brasseries historiques et les tables signalées par le Guide Michelin se situent dans la fourchette haute.
La réservation est recommandée pour toutes les adresses mentionnées, en particulier le week-end de mai à septembre. Les restaurants de Montmartre se rejoignent depuis les stations Abbesses ou Lamarck-Caulaincourt (ligne 12), ou depuis la station Anvers (lignes 2 et 4) en prenant le funiculaire. L’Office du Tourisme de Paris recense les accès et horaires à jour sur son site.
FAQ : vos questions sur les restaurants de Montmartre
Où bruncher à Montmartre ?
Plusieurs adresses du quartier des Abbesses proposent des formules brunch le week-end, autour de 20 à 28 euros. LouLou Montmartre et certaines boulangeries de la rue Lepic sont de bons points de départ. Les horaires variant selon les saisons, consultez les pages des établissements avant de vous déplacer.
Y a-t-il des restaurants avec vue sur Paris à Montmartre ?
Le restaurant du Terrass Hotel propose une vue panoramique sur les toits de Paris depuis le 7e étage, avec un menu à partir de 80 à 90 euros le soir. Pour des hauteurs plus accessibles, les amateurs de belles perspectives trouveront également leur bonheur parmi les meilleurs rooftops de Paris, plusieurs accessibles à deux pas du quartier.
Faut-il réserver pour manger à Montmartre ?
Oui, pour toutes les adresses à succès du quartier. Les petites salles des bistrots de Montmartre, souvent 20 à 35 couverts, se remplissent vite le vendredi et le samedi soir. La réservation en ligne via le site du restaurant reste la méthode la plus fiable.
Montmartre n’a pas fini de surprendre. La Butte résiste au temps, aux modes et aux algorithmes, en produisant régulièrement de nouvelles tables qui méritent le voyage depuis n’importe quel arrondissement. Il y a quelque chose d’un peu étrange à s’attabler ici : on mange dans des rues que des peintres ont déjà peintes, dans des salles où d’autres ont débattu de toute la littérature d’un siècle. Cette permanence, finalement, c’est peut-être ce que Montmartre offre de plus rare dans une ville qui change sans arrêt.
Sources :


