Que faire à Montmartre : itinéraire de balade

Que faire à Montmartre : itinéraire de balade

Sommaire
L’essentiel à retenir

La balade à Montmartre se fait idéalement à pied, depuis le métro Abbesses (ligne 12), pour 2 à 3 heures de promenade dans les ruelles de la Butte.

  • Départ conseillé : place des Abbesses, à la fois calme et au cœur du quartier
  • Incontournables du parcours : Sacré-Cœur, place du Tertre, vignes du Clos Montmartre, rue de l’Abreuvoir
  • Le funiculaire (1 ticket RATP ou pass Navigo) monte sans effort depuis la rue Foyatier
  • Meilleure heure : avant 10h du matin pour éviter l’affluence touristique
  • La balade est gratuite, hors accès payant au dôme du Sacré-Cœur et aux musées

Perchée à 130 mètres au-dessus de Paris, la Butte Montmartre ressemble encore à un village qui aurait réussi à rester lui-même malgré la ville qui l’entoure. Pavés disjoints, ruelles escarpées, façades couvertes de lierre : presque rien ici n’évoque le Paris haussmannien des grands boulevards. C’est ce contraste qui attire tant de visiteurs, et qui lasse parfois ceux qui espéraient du calme et tombent sur les queues de la place du Tertre.

Cet itinéraire à pied couvre les étapes classiques de la Butte, mais avec quelques détails que les guides passent souvent trop vite. Il se parcourt en 2 à 3 heures, selon le rythme choisi, et peut s’étaler sur une demi-journée si l’on s’arrête dans les cafés ou au musée de Montmartre. Point de départ : le métro Abbesses, ligne 12, l’une des stations les plus profondes de Paris avec ses 36 mètres de descente et ses quelque 285 marches d’escalier, ou un ascenseur que beaucoup ratent faute d’indication claire à la sortie.

L’itinéraire en bref

Voici les cinq étapes de cette balade, avec leur durée indicative sur place, hors pauses :

Étape Lieu Durée Accès
1 Place des Abbesses 15 à 20 min Métro Abbesses (ligne 12)
2 Montée vers le Sacré-Cœur 20 à 30 min À pied ou funiculaire
3 Place du Tertre et alentours 30 à 40 min À pied depuis le Sacré-Cœur
4 Vignes et rue de l’Abreuvoir 20 à 25 min À pied depuis la place du Tertre
5 Rue Lepic et descente 20 à 25 min À pied vers Blanche ou Pigalle (ligne 2)

Le parcours total représente environ 3,5 kilomètres à pied, avec des dénivelés importants sur les deux premières étapes. Prévoyez des chaussures confortables : les pavés de Montmartre sont pittoresques mais irréguliers, surtout après la pluie.

Entrée de la station de métro Abbesses avec son kiosque Art Nouveau, place des Abbesses à Montmartre

Étape 1 : place des Abbesses, la porte d’entrée du village

La place des Abbesses est le meilleur point de départ pour visiter Montmartre, à la fois animée et encore préservée des flux touristiques les plus intenses. En remontant depuis la station de métro, on débouche sur une place traversée par des platanes et bordée de terrasses. L’église Saint-Jean-de-Montmartre, construite en béton armé au début du XXe siècle, ferme la place côté sud : c’est l’une des premières constructions en béton armé de Paris, signée par l’architecte Anatole de Baudot et inaugurée en 1904 après des années de controverses techniques.

Sur la place, un passage oblige dans le square Jehan Rictus pour apercevoir le Mur des « Je t’aime », œuvre de Frédéric Baron et Claire Kito qui rassemble la phrase « Je t’aime » en 250 langues sur des carreaux de lave émaillée bleu nuit. C’est devenu un arrêt presque incontournable, mais souvent bondé en fin de matinée : mieux vaut y passer tôt.

La rue des Abbesses, qui part de la place, est la vraie rue commerçante du quartier. Épiceries fines, boulangeries, quelques bars sympas : c’est ici que les habitants de Montmartre font encore leurs courses, et cela se sent à l’ambiance. Prenez-la jusqu’à la rue Lepic pour commencer la montée vers la Butte. Si vous avez le temps, un détour par la rue Tholozé s’impose : la vue sur Paris depuis le haut de la ruelle est moins connue que celle du Sacré-Cœur, et souvent tout aussi belle selon l’heure.

Un détail pratique : si vous arrivez tôt le matin, avant 9h30, la place est calme et les terrasses à peine installées. Notre conseil : partez un mardi ou un mercredi matin, le quartier respire vraiment différemment, même si le froid parisien demande un manteau de plus que prévu en avril.

Escaliers de la butte Montmartre menant à la basilique du Sacré-Coeur sous un ciel bleu

Étape 2 : la montée vers le Sacré-Cœur

La montée depuis les Abbesses jusqu’au parvis du Sacré-Cœur représente environ 200 marches par les escaliers de la rue Foyatier, ou une minute et demie de trajet en funiculaire. Notre guide complet de Montmartre détaille ces deux options ainsi que le Montmartrobus (ligne 40), qui serpente dans les rues étroites de la Butte et constitue une alternative méconnue. Le funiculaire, géré par la RATP, fonctionne tous les jours de 6h à 00h45 et accepte le ticket t+ ou le pass Navigo, sans supplément.

La question qui revient souvent : funiculaire ou escaliers ? Les escaliers permettent de se retourner régulièrement et de regarder Paris s’étaler derrière soi, palier après palier. Le funiculaire offre une vue panoramique depuis la cabine, rapide mais spectaculaire. Les deux valent le coup selon l’heure et l’énergie disponible.

Arrivé sur le parvis, la façade en travertin de Château-Landon de la basilique du Sacré-Cœur frappe par sa blancheur. La pierre, extraite en Île-de-France, a la particularité de blanchir au contact de l’eau de pluie, ce qui explique pourquoi la basilique reste aussi lumineuse après plus d’un siècle. La basilique, consacrée en 1919, se visite librement ; l’accès au dôme est payant.

Le panorama depuis le parvis, par temps clair, s’étend sur 40 à 50 kilomètres. Une vue souvent décrite dans les guides mais toujours saisissante en vrai, surtout en fin d’après-midi quand la lumière dorée effleure les toits de zinc.

Étape 3 : la place du Tertre et les artistes résistants

La place du Tertre est l’endroit le plus visité de Montmartre, et peut-être le plus ambivalent : d’un côté, l’atmosphère rappelle le quartier des artistes du XIXe siècle ; de l’autre, les files de touristes et les tarifs des portraits rappellent qu’on est en 2026. Une cinquantaine de peintres et portraitistes y travaillent chaque jour sur des chevalets, sous autorisation de la Mairie de Paris.

Les tarifs des portraits varient selon les artistes, mais comptez entre 20 et 50 euros pour un portrait au crayon en quelques minutes. Si certains soufflent sur les braises d’un folklore convenu, d’autres ont un vrai regard. Prenez le temps de regarder les œuvres exposées avant de choisir.

Juste derrière la place, la rue Norvins mène à des ruelles nettement plus calmes. C’est ici que l’on retrouve quelques-unes des façades de Montmartre les plus photographiées, avec leurs volets colorés et leurs jardins suspendus. Levez la tête régulièrement : l’architecture change de registre très vite dès que l’on quitte les axes principaux.

Artistes peintres et dessinateurs à la place du Tertre, coeur historique de la vie bohème de Montmartre

Étape 4 : les vignes du Clos Montmartre et la rue de l’Abreuvoir

Les vignes du Clos Montmartre sont l’une des curiosités les plus insolites de la Butte : un vrai vignoble de 1 762 pieds de vigne sur 1 556 m², planté en 1933 par la Ville de Paris. La parcelle, rue des Saules dans le 18e arrondissement, compte aujourd’hui 27 cépages, principalement du gamay et du pinot noir. Elle produit chaque année environ 2 000 bouteilles de 50 cl, vinifiées dans les caves de la mairie du 18e et vendues aux enchères lors des vendanges d’octobre. Le vignoble est fermé au public en dehors de cette période, mais on le longe depuis la rue des Saules.

La rue de l’Abreuvoir, quelques mètres plus bas, est systématiquement citée parmi les plus belles rues de Paris. Étroite, en pente douce, bordée de façades anciennes couvertes de végétation, elle ressemble à ce que Montmartre devait être avant les décennies de tourisme de masse. Au numéro 2 se trouve la Maison Rose, une guinguette aux murs roses rendue célèbre par le peintre Maurice Utrillo au début du XXe siècle.

À deux pas de là, le Lapin Agile, cabaret fondé en 1860, continue à fonctionner avec des spectacles de chansons et d’humour. C’est l’un des rares endroits de Montmartre où l’ambiance reste vraiment de quartier. Réservation conseillée en saison.

Profitez de cette partie du parcours pour regarder les murs. Le street art de Montmartre, souvent ignoré au profit de la peinture classique, occupe de nombreuses façades autour de la rue des Saules et de la rue Lepic, avec des fresques qui changent régulièrement.

Vignes du Clos Montmartre en terrasses rue des Saules, seul vignoble de Paris dans le 18e arrondissement

Étape 5 : la descente par la rue Lepic

La rue Lepic est la grande artère qui dégringole depuis les hauteurs de Montmartre vers le bas du quartier. Elle passe devant le Moulin de la Galette, l’un des deux derniers moulins de la Butte encore debout, rendu célèbre par le tableau d’Auguste Renoir peint en 1876. Le moulin ne se visite pas, mais la brasserie qui occupe le rez-de-chaussée reste une option pour une pause.

Plus bas, la rue Lepic croise la rue des Abbesses : on repasse par là où tout avait commencé. C’est une boucle naturelle qui fonctionne bien, surtout si l’on a faim ou soif après deux heures de marche dans les ruelles montantes. Pour prolonger la découverte des adresses parisiennes autour de Montmartre, notre sélection des bonnes adresses parisiennes, entre boulangeries bio et cafés engagés, couvre aussi le secteur nord.

La fin de l’itinéraire se fait naturellement en descendant vers le métro Blanche (ligne 2) ou Pigalle (lignes 2 et 12), selon la suite du programme. Prévoyez 10 à 15 minutes de marche supplémentaire depuis le bas de la rue Lepic.

Informations pratiques pour visiter Montmartre

Montmartre est accessible depuis plusieurs stations de métro : Abbesses (ligne 12, départ conseillé pour cet itinéraire), Anvers (ligne 2, accès direct au funiculaire depuis la place Saint-Pierre) et Lamarck-Caulaincourt (ligne 12, entrée nord de la Butte, moins fréquentée). Le Montmartrobus (ligne 40) dessert l’intérieur du quartier depuis la place Pigalle.

La meilleure période pour visiter est le printemps ou le début de l’automne, quand la lumière est douce en fin d’après-midi et les vignes encore colorées. L’été, les files d’attente au funiculaire et autour du Sacré-Cœur peuvent décourager. En hiver, la Butte retrouve une atmosphère de village que les habitants apprécient particulièrement.

La balade est accessible en poussette et partiellement en fauteuil roulant : les escaliers vers le Sacré-Cœur peuvent être contournés via le funiculaire ou par des voies alternatives. En revanche, les ruelles pavées du côté nord (rue de l’Abreuvoir, rue des Saules) restent difficiles d’accès.

Comptez entre 2h30 et 3h30 pour l’itinéraire complet, pauses incluses. La visite est entièrement gratuite hors entrée dans les sites (dôme du Sacré-Cœur, Lapin Agile, musée de Montmartre).

Vos questions sur la balade à Montmartre

Combien de temps faut-il pour visiter Montmartre à pied ?

Comptez 2 à 3 heures pour l’itinéraire classique depuis la place des Abbesses jusqu’à la rue Lepic, pauses courtes incluses. Avec une visite de la basilique du Sacré-Cœur et un arrêt au musée de Montmartre, prévoyez une demi-journée complète, soit 4 à 5 heures sur place.

Quelle station de métro pour aller à Montmartre ?

La station Abbesses (ligne 12) est la plus centrale et la plus proche du cœur du quartier. La station Anvers (ligne 2) donne accès au funiculaire depuis la place Saint-Pierre, ce qui convient si vous montez directement au Sacré-Cœur. Lamarck-Caulaincourt (ligne 12) est idéale pour aborder Montmartre par le côté nord, moins touristique.

Peut-on visiter Montmartre en famille avec des enfants ?

Oui, Montmartre convient bien aux familles. Le funiculaire plaît aux enfants, les vignes et les artistes de la place du Tertre suscitent la curiosité. Prévoir des chaussures confortables pour les pavés et anticiper l’affluence le week-end près du Sacré-Cœur, particulièrement l’été.

Quelle est la meilleure heure pour visiter Montmartre sans trop de monde ?

Entre 8h et 10h du matin, le quartier est encore peu fréquenté : les pavés sont à peine mouillés par la nuit, les terrasses commencent à s’installer. C’est aussi l’heure à laquelle la lumière rasante donne à la Butte ses plus belles couleurs pour les photos.

Sources

Montmartre est l’un des rares quartiers de Paris qui continue à exister comme un village dans la ville, avec ses contradictions, ses coins trop photographiés et ses ruelles qui résistent encore bien au passage de masse. L’itinéraire tracé ici est un point de départ, pas une obligation. Les meilleures découvertes de la Butte se font souvent dans les rues un peu à l’écart, là où aucun guide ne vous emmène vraiment. Prenez le temps de vous perdre un peu : Montmartre, ça se mérite.

Vous devriez également aimer