Il y a des endroits à Paris où l’on entre pour une heure et d’où l’on ressort sans avoir vu le temps passer. Le jardin du Luxembourg est de ceux-là. Entre ses parterres dessinés au cordeau, ses chaises vertes qu’on déplace à sa guise et son grand bassin couvert de petits voiliers, il réussit ce tour de force rare : être à la fois un décor de carte postale et le jardin de quartier des habitants du 6e.
L’essentiel à retenir
Le jardin du Luxembourg est un jardin de 23 à 25 hectares situé dans le 6e arrondissement de Paris, propriété du Sénat et ouvert gratuitement au public toute l’année.
- Créé à partir de 1612 pour la reine Marie de Médicis, autour d’un palais inspiré de sa Florence natale.
- Géré par les jardiniers du Sénat (près de 80 personnes, 365 jours par an), car il jouxte le palais du Luxembourg où siègent les sénateurs.
- Incontournables : le grand bassin et ses voiliers, la fontaine Médicis, les 20 statues des reines de France, un rucher-école et un verger conservatoire.
- Horaires variables selon la saison : ouverture entre 7h30 et 8h15, fermeture entre 16h30 (hiver) et 21h30 (été).
- Accès libre, dans le 6e, à deux pas du RER B station Luxembourg et du quartier Latin.
Un jardin né de la nostalgie florentine de Marie de Médicis
Le jardin du Luxembourg doit son existence au mal du pays d’une reine. Veuve d’Henri IV et régente du jeune Louis XIII, Marie de Médicis supporte mal le Louvre. En 1612, elle lance l’aménagement d’un vaste jardin sur des terrains qu’elle vient d’acquérir, rive gauche, à la lisière de Paris. L’idée est simple et un peu nostalgique : recréer un morceau de Florence, sa ville de naissance, loin de l’agitation de la cour.
La reine confie le dessin du jardin à Jacques Boyceau, l’un des maîtres du jardin à la française, ces jardins géométriques où allées, parterres et bassins obéissent à une symétrie stricte. Le résultat se lit encore aujourd’hui dans la grande perspective centrale, les terrasses et les parterres taillés au carré. On s’y promène comme on tournerait les pages d’un livre d’histoire, sauf que le livre est en pelouse et en gravier.
Le domaine a beaucoup changé de forme au fil des siècles, rogné puis redessiné, mais sa superficie actuelle, environ 25 hectares, reste proche de celle des terres achetées par Marie de Médicis. Pour mettre un chiffre dessus : c’est l’équivalent de plus de trente terrains de football au cœur de la capitale. Rien que ça.

Le palais du Luxembourg et la fontaine Médicis
Le palais du Luxembourg est le bâtiment qui domine le jardin, et il abrite aujourd’hui le Sénat, l’une des deux chambres du Parlement français. Sa construction commence en 1615 sous la direction de l’architecte Salomon de Brosse et s’achève vers 1630. Marie de Médicis voulait un palais à l’image du palais Pitti de Florence : les colonnes à bossages et les ordres superposés de la façade citent directement l’architecture italienne de la Renaissance.
C’est cette parenté avec les sénateurs qui explique une particularité du lieu. Le jardin n’appartient pas à la Ville de Paris mais au Sénat, qui en assure l’entretien avec ses propres équipes. Voilà pourquoi vous croiserez parfois des gardes républicains et pourquoi le jardin ferme chaque soir, à la nuit tombée.
Bon à savoir
Le palais ne se visite pas librement : c’est un lieu de travail parlementaire. Des visites guidées du Sénat sont organisées ponctuellement, et le musée du Luxembourg, en bordure du jardin rue de Vaugirard, programme régulièrement de grandes expositions ouvertes à tous.
Dans un recoin ombragé, le long de la rue de Médicis, se cache le joyau le plus romantique du jardin : la fontaine Médicis. Cette longue vasque bordée de platanes, au bout de laquelle veille un décor de niches et de statues, a été conçue vers 1630 par l’ingénieur florentin Thomas Francini. Elle a été déplacée et largement reconstruite en 1864, lors du percement de la rue de Médicis. Aujourd’hui, c’est le coin où l’on vient lire, s’embrasser ou simplement regarder l’eau sombre refléter la lumière. Difficile de faire plus parisien.
Que voir et que faire au jardin du Luxembourg
Le jardin du Luxembourg concentre sur quelques hectares une variété d’activités qu’on soupçonne à peine en passant les grilles. Bassin, ruches, verger, statues, théâtre, terrains de sport : voici les incontournables, ceux qu’on retrouve dans tout bon guide des parcs et jardins de la capitale.
Le grand bassin et ses petits voiliers
Le grand bassin octogonal est le cœur battant du jardin, et sans doute son image la plus célèbre. Depuis des générations, les enfants y louent de petits voiliers en bois qu’ils poussent au bord de l’eau avec un bâton, guettant le vent qui ramènera leur bateau de l’autre côté. Autour, les fameuses chaises vertes se remplissent de lecteurs, de retraités et de touristes épuisés. C’est un spectacle qui n’a presque pas changé depuis un siècle.

Le rucher et le verger, le Luxembourg côté nature
Le jardin du Luxembourg abrite un rucher-école et un verger conservatoire que beaucoup de visiteurs ne soupçonnent pas. Le rucher-école, composé d’une quinzaine de ruches, est animé par la Société centrale d’apiculture, qui y donne des cours depuis le XIXe siècle. On y produit du miel, oui, en plein Paris. Juste à côté, le verger conservatoire aligne de vieilles variétés de pommiers et de poiriers, patiemment taillés en espaliers, ces formes plates palissées contre un support.
Ce verger ne se visite pas toujours librement, mais les visites guidées du jardin, organisées par le Sénat le premier mercredi du mois d’avril à octobre, donnent accès à des espaces habituellement fermés. Une orangerie, construite en 1830, complète ce petit monde horticole. Pour qui aime les jardins plus sauvages et vallonnés, le contraste avec un parc comme celui que décrit notre guide du jardin des Tuileries est saisissant.
Les reines de France veillent sur les parterres
Autour du grand bassin se dresse l’une des plus belles collections de sculptures en plein air de Paris. Vingt statues de marbre représentent les reines de France et femmes illustres, de Sainte Geneviève à Anne de Bretagne. Elles ont été commandées sous Louis-Philippe, vers 1843, et forment une haie d’honneur silencieuse au-dessus des promeneurs. Le jardin compte en tout plus d’une centaine de statues, fontaines et vases, ce qui en fait presque un musée à ciel ouvert.
Marionnettes, jeux et sport pour tous les âges
Le jardin du Luxembourg n’a jamais été un simple décor à contempler, c’est un lieu où l’on joue. Le théâtre des marionnettes, installé depuis les années 1930, fait toujours salle comble avec son Guignol. Un peu partout, on trouve des courts de tennis, des tables d’échecs très courues, des terrains de pétanque, un manège d’époque et de grandes aires de jeux. On vient y faire son footing le matin, sa partie d’échecs l’après-midi. Chacun son rythme.

Visiter le jardin du Luxembourg avec des enfants
Le jardin du Luxembourg est l’un des lieux les plus adaptés aux familles à Paris, avec une concentration rare d’activités pour les petits. Entre le bassin aux voiliers, le théâtre de marionnettes, le manège, les poneys (selon la saison) et une immense aire de jeux clôturée, de quoi tenir une après-midi entière sans entendre le fatidique « on s’ennuie ».
Un détail qui rassure les parents : l’aire de jeux principale est payante mais sécurisée, séparée du reste du jardin, ce qui évite les sprints paniqués entre deux allées. Pensez tout de même à vérifier les horaires des marionnettes avant de venir, les représentations étant surtout programmées les mercredis, week-ends et vacances scolaires. Un pique-nique sur une pelouse autorisée, un tour de manège, une glace : la recette est éprouvée, et elle marche toujours.
Le bon plan
Attention, toutes les pelouses ne sont pas accessibles : la plupart sont interdites pour protéger le gazon, seules quelques-unes, signalées, s’ouvrent à la détente et aux pique-niques, souvent dès les beaux jours. Repérez-les en arrivant, elles sont vite prises le week-end.

Horaires, accès et bons réflexes pour votre visite
Le jardin du Luxembourg ouvre tôt le matin et ferme à la tombée de la nuit, avec des horaires qui changent chaque quinzaine selon la durée du jour. C’est la grande spécificité du lieu : il n’y a pas un horaire mais une douzaine, calés sur le lever et le coucher du soleil. Voici les grandes tendances, à titre indicatif.
| Saison | Ouverture (matin) | Fermeture (soir) |
|---|---|---|
| Hiver (décembre à janvier) | vers 8h15 | vers 16h30 à 17h |
| Printemps (mars à mai) | vers 7h30 | vers 18h15 à 21h |
| Été (juin à août) | vers 7h30 | jusqu’à 21h30 |
| Automne (septembre à novembre) | vers 7h45 à 8h | vers 17h à 19h45 |
Ces créneaux sont des repères : pour l’horaire exact du jour, mieux vaut consulter le site officiel du jardin du Sénat, qui publie le calendrier au quart d’heure près. Un coup de sifflet des gardiens annonce la fermeture, une quinzaine de minutes avant la fermeture des grilles.
Côté accès, le jardin se trouve dans le 6e arrondissement, à la frontière du quartier Latin et de Saint-Germain-des-Prés. Le plus simple est le RER B, station Luxembourg, qui débouche quasiment devant la grille du boulevard Saint-Michel. En métro, les stations Odéon, Saint-Sulpice et Mabillon sont à quelques minutes à pied. Plusieurs entrées existent : rue de Vaugirard, rue de Médicis, rue Guynemer, place Edmond Rostand et place André Honnorat. L’accès est entièrement gratuit, détail appréciable dans un quartier où le moindre café coûte un bras.
Dernier réflexe utile : le jardin étant clos et surveillé, on n’y entre pas avec un vélo, et certaines portes seulement autorisent les poussettes volumineuses. En semaine, visez le matin pour avoir les allées presque pour vous. Le week-end, c’est une autre histoire, mais l’ambiance vaut largement la foule.
Si l’on revient toujours au Luxembourg, ce n’est peut-être pas pour ses statues ni pour son histoire florentine, aussi belles soient-elles. C’est pour cette façon qu’il a de ralentir le temps parisien. On y croise un sénateur pressé, un enfant penché sur son voilier, une étudiante qui révise au soleil, et tous partagent le même mètre carré de gravier. Un jardin de reine devenu, par la force de trois siècles d’habitudes, le salon à ciel ouvert de tout un quartier. Prenez une chaise verte, tournez-la vers le soleil. Vous comprendrez vite pourquoi personne ne veut en partir.
Questions fréquentes sur le jardin du Luxembourg
Le jardin du Luxembourg est-il gratuit ?
Oui, l’entrée au jardin du Luxembourg est entièrement gratuite toute l’année. Seules certaines activités sont payantes, comme la location des petits voiliers, le théâtre de marionnettes, le manège ou l’accès à la grande aire de jeux pour enfants.
Quels sont les horaires du jardin du Luxembourg ?
Les horaires varient selon la saison, car ils suivent la durée du jour. Le jardin ouvre entre 7h30 et 8h15 le matin et ferme entre 16h30 en plein hiver et 21h30 en été. Le calendrier exact, mis à jour par quinzaine, est publié sur le site du Sénat.
Qui gère le jardin du Luxembourg ?
Le jardin du Luxembourg appartient au Sénat et il est entretenu par les jardiniers de cette institution, près de 80 personnes qui y travaillent 365 jours par an. Le palais du Luxembourg, qui domine le jardin, est le siège du Sénat.
Que faire au jardin du Luxembourg avec des enfants ?
Les enfants peuvent louer de petits voiliers sur le grand bassin, assister à un spectacle de marionnettes, faire un tour de manège, monter à poney selon la saison et jouer dans une grande aire de jeux sécurisée. Le jardin est l’un des plus adaptés aux familles à Paris.
Comment aller au jardin du Luxembourg ?
Le jardin se situe dans le 6e arrondissement. Le plus direct est le RER B, station Luxembourg, qui débouche devant la grille du boulevard Saint-Michel. Les stations de métro Odéon, Saint-Sulpice et Mabillon sont aussi toutes proches.


