Le parc des Buttes-Chaumont est un jardin romantique de près de 25 hectares, dans le 19e arrondissement de Paris, créé en 1867 sur une ancienne carrière de gypse.
- Dessiné par l’ingénieur Adolphe Alphand sous le Second Empire, à l’époque des grands travaux d’Haussmann.
- Son décor de théâtre : un temple de la Sibylle perché sur une falaise de 50 mètres, un lac, une grotte et une cascade.
- La guinguette Rosa Bonheur, devenue une institution de la vie parisienne, se cache au cœur de la verdure.
- Entrée gratuite, ouvert tous les jours. Métro ligne 7 bis, stations Buttes-Chaumont ou Botzaris.
- Un important chantier de rénovation court jusqu’en mars 2027 : certaines zones centrales sont fermées.
Il y a des jardins que l’on traverse, et d’autres que l’on gravit. Les Buttes-Chaumont sont de la seconde famille. On y entre souvent par le bas, on en ressort toujours par le haut, un peu essoufflé, face à ce petit temple rond qui semble tout droit sorti d’un tableau. Rien ici n’est tout à fait naturel, et c’est précisément ce qui fait le charme du lieu. Ce relief tourmenté, ces falaises, cette grotte : tout a été dessiné, sculpté, mis en scène. Promenade dans l’un des plus beaux coups de force paysagers de Paris.
Un jardin né d’une carrière de gypse
Le parc des Buttes-Chaumont occupe l’emplacement d’une ancienne carrière de gypse, cette roche tendre dont on tire le plâtre. Rien de bucolique à l’origine, donc. Au milieu du 19e siècle, le quartier a mauvaise réputation : on y exploite la pierre, on y déverse des immondices, et le lieu traîne le souvenir sinistre du gibet de Montfaucon, où l’on exposait autrefois les condamnés. Le nom lui-même sonne comme un avertissement. « Chaumont » viendrait de « mont chauve », ces hauteurs dénudées et stériles qui dominaient alors l’ancien village de Belleville, rattaché à Paris en 1860.
Tout change sous le Second Empire. Napoléon III, séduit par les grands parcs londoniens, veut doter la capitale de poumons verts à chaque point cardinal. La tâche revient à l’ingénieur Adolphe Alphand, bras droit du baron Haussmann pour les espaces verts, déjà à l’œuvre sur les bois de Boulogne et de Vincennes. La ville rachète les terrains de la carrière en 1863, et le chantier commence. Pour transformer ce cratère industriel en paysage de rêve, Alphand s’entoure d’une équipe de pointe : l’architecte Gabriel Davioud, l’ingénieur Eugène Belgrand, maître des eaux de Paris, et le jardinier Jean-Pierre Barillet-Deschamps.
Le résultat ouvre le 1er avril 1867, en même temps que l’Exposition universelle, et fait sensation. Avec près de 25 hectares et un dénivelé de plus de 40 mètres, c’est l’un des plus grands et des plus pentus des jardins parisiens. Alphand y gagne son surnom d’« ingénieur-artiste ». Si vous aimez ces grandes compositions du 19e siècle, elles irriguent aujourd’hui tout le patrimoine vert de la capitale, que l’on retrouve dans notre panorama des plus beaux parcs et jardins de Paris.
Le temple de la Sibylle, point culminant du parc

Le temple de la Sibylle est le monument emblématique du parc des Buttes-Chaumont : un petit temple rond à colonnes, juché au sommet d’une falaise de 50 mètres, au milieu du lac. Conçu en 1866 par Gabriel Davioud, il s’inspire directement du temple antique de Vesta à Tivoli, près de Rome. Les habitants du quartier, eux, l’appellent simplement « le kiosque ». C’est le point le plus haut du jardin, et le but presque obligé de toute balade.
Pour y monter, il faut grimper. Le temple coiffe l’île du Belvédère, un piton rocheux que l’on rejoint par des escaliers taillés dans la roche. La récompense est à la hauteur de l’effort : une vue dégagée sur le parc, et au-delà, jusqu’à la butte Montmartre et son dôme blanc par temps clair. On comprend vite pourquoi l’endroit est l’un des spots préférés des Parisiens pour admirer le coucher de soleil. Petit bémol du moment : le temple est fermé le temps des travaux de rénovation, on l’admire donc d’en bas.
Le lac, la grotte et les ponts
Au pied du belvédère s’étend un lac artificiel, cœur liquide du parc, qui enserre l’île comme des douves. Toute la mise en scène d’Alphand tient dans ce jeu de niveaux : l’eau en bas, le rocher au milieu, le temple tout en haut. Pour relier l’île à la terre ferme, deux ouvrages se répondent. Un pont de pierre massif, d’abord, aux allures de viaduc. Et surtout une passerelle suspendue en bois, longtemps attribuée à Gustave Eiffel, même si les historiens restent prudents sur cette paternité. Vertigineuse, elle a valu à l’île son surnom moins poétique de « pont des Suicidés ».

Sous le belvédère se cache une grotte, vestige habillé des anciennes galeries de la carrière. On y a ajouté de fausses stalactites et une cascade d’une trentaine de mètres qui tombe en rideau. L’effet est spectaculaire, presque trop, et parfaitement dans l’esprit du 19e siècle qui adorait ces décors de nature recomposée. Le reste du parc déroule des pelouses vallonnées, des allées qui serpentent, et quelques arbres remarquables, dont un platane d’Orient au tronc impressionnant. On est loin de la rigueur géométrique à la française du jardin des Tuileries : ici, tout joue la ligne courbe et la surprise.
La guinguette Rosa Bonheur et les plaisirs du parc

La guinguette Rosa Bonheur est l’autre institution des Buttes-Chaumont, nichée allée de la Cascade. Une guinguette, c’est ce lieu populaire où l’on boit, mange et danse en plein air, une tradition parisienne que l’adresse a remise au goût du jour. Tapas, ambiance bon enfant et terrasse sous les arbres : le week-end venu, on y vient en bande, et la file peut s’allonger aux beaux jours. Un conseil, arrivez tôt.
Mais le parc ne se résume pas à son bar à la mode. C’est aussi un terrain de jeu familial, avec ses aires pour les enfants, ses théâtres de Guignol et ses grandes pelouses prises d’assaut dès le premier rayon de soleil. Les joggeurs en ont fait leur circuit fétiche, séduits par le dénivelé qui transforme chaque tour en séance de côtes. À chacun son rythme : contemplatif devant le lac, sportif sur les pentes, festif à la guinguette.
Visiter le parc des Buttes-Chaumont : horaires, accès, bon à savoir
Le parc des Buttes-Chaumont est ouvert tous les jours, de 7 h à 22 h en été et jusqu’à 20 h en hiver, avec une entrée entièrement gratuite. Les horaires de fermeture varient selon la saison, mieux vaut vérifier avant une visite tardive. Côté transports, le plus simple reste la ligne 7 bis du métro, avec les stations Buttes-Chaumont et Botzaris aux portes mêmes du jardin. Les stations Laumière et la place Armand-Carrel, côté mairie du 19e, offrent d’autres entrées.
Le bon créneau pour la balade
Venez en fin de journée, hors week-end si possible : la lumière rasante sur le temple est magnifique, les pelouses sont plus calmes, et vous enchaînerez naturellement sur un verre à la guinguette. Chaussures confortables recommandées, le terrain grimpe plus qu’on ne le croit.
Travaux en cours jusqu’en mars 2027
Un vaste chantier de rénovation est engagé pour sécuriser les ouvrages et les reliefs du parc. Des zones centrales sont temporairement fermées et le temple de la Sibylle n’est pas accessible. Le parc reste ouvert, mais une partie de la balade est perturbée : renseignez-vous sur la page officielle avant de venir.
Reste cette drôle de leçon que donne le lieu. Un terrain vague, une carrière éventrée, un coin mal famé du vieux Belleville : voilà ce qu’étaient les Buttes-Chaumont il y a un siècle et demi. Il a suffi de regarder autrement ce paysage abîmé pour en faire l’un des jardins les plus aimés de Paris. À l’heure où la ville cherche partout à verdir ses friches et ses délaissés, ce parc rappelle qu’un beau jardin ne naît pas forcément d’un beau terrain, mais souvent d’un beau coup d’œil. La prochaine fois que vous grimperez vers le petit temple, souvenez-vous que vous marchez sur une ancienne carrière.
Questions fréquentes sur le parc des Buttes-Chaumont
Le parc des Buttes-Chaumont est-il payant ?
Non, l’entrée du parc des Buttes-Chaumont est entièrement gratuite, toute l’année et à toute heure d’ouverture. Comme la plupart des grands jardins municipaux parisiens, il est accessible librement, sans billet ni réservation.
Quels sont les horaires du parc des Buttes-Chaumont ?
Le parc ouvre tous les jours à 7 h. Il ferme vers 22 h en période estivale et vers 20 h en hiver, les horaires de fermeture évoluant au fil des saisons. En plein été, le jardin propose parfois des ouvertures en soirée prolongée. Mieux vaut vérifier l’horaire du jour sur la page officielle de la Ville de Paris.
Comment aller au parc des Buttes-Chaumont en métro ?
Le plus direct est la ligne 7 bis, avec les stations Buttes-Chaumont et Botzaris situées juste aux entrées du parc. La station Laumière, ainsi que la place Armand-Carrel du côté de la mairie du 19e, permettent aussi d’y accéder facilement.
Pourquoi certaines parties du parc sont-elles fermées ?
Le parc fait l’objet d’un chantier de rénovation jusqu’en mars 2027, destiné à sécuriser ses ouvrages et ses reliefs hérités de l’ancienne carrière. Des zones centrales sont temporairement fermées et le temple de la Sibylle n’est pas accessible, mais le reste du jardin demeure ouvert au public.

